Une signature à l’encre bleue

une signature ancienne
une signature ancienne

Le sujet du challenge de l’UPRO-G de ce mois est une signature. La signature, au-delà de son caractère légal, est aussi la preuve du niveau d’instruction de notre ancêtre, et des différentes étapes de sa vie.

Ici, j’aimerais parler de Paul. Paul est né le 12 mars 1886 à Albert. Il est le fils d’Arthur, 24 ans, ouvrier mécanicien, et de Colette, 25 ans. Il est fils unique : son père décède alors que Paul n’a que 4 ans et sa mère l’élève seule.

Paul est né quelques années après la loi imposant l’instruction. Par conséquent, il sait écrire.

Il épouse Marie en 1913 à Albert, qui lui donne 3 enfants : Suzanne, Marcel et Jean.

Paul et Marie en 1913 – Archives personnelles

Il intègre le Chemin de Fer du Nord en 1903, à tout juste 18 ans. Très vite, il monte les échelons, jusqu’à devenir chef de district. Comme toute personne travaillant au chemin de fer, il est très mobile, et occupe plusieurs postes dans le Nord de la France, tout d’abord à Albert, puis Frévent, pendant la Première Guerre Mondiale, à Groslay, et enfin, il sera de retour à Albert, où il prendra sa retraite en 1938, après 35 ans de bons et loyaux services.

Quid de sa signature ? Absente sur son acte de mariage, reconstitué par cause de faits de guerre, il faut chercher sur les actes de naissance de ses enfants pour avoir un visuel dessus.

Signature sur l’acte de naissance de Jean – 1924

A la lecture de celle-ci, on peut déjà deviner un aspect de sa personnalité. Sûr de lui, ferme et concis, à l’image de ces lettres, alignées sous les actes de naissance de ses enfants.

Mais les actes d’état civil ne sont pas les seuls qui peuvent nous donner la signature de nos ancêtres.

Dans le cas de Paul, il est intéressant de vérifier un autre type de documents : les procès-verbaux de la justice de paix.

Marie décède à 36 ans, laissant ses trois enfants mineurs orphelins. Il faut alors désigner un tuteur, et former un conseil de famille.

Ainsi, le 11 mars 1926, Paul est désigné tuteur naturel de ses enfants par le conseil de famille, constitué pour la branche paternelle de lui-même, de sa mère Colette, d’un cousin, et pour la branche maternelle de 3 oncles et bel oncle des enfants. En résulte une magnifique signature à encre bleue.

Signature sur le PV du conseil de famille en 1926. Archives Départ. Somme

Cette même signature que nous retrouvons sur un autre procès-verbal du conseil de famille, en fin d’année 1927, mais également sur les enregistrements de mutation par décès, avec mention manuscrite de la même encre bleue que sa signature.

Signature sur enregistrement de mutation par décès en 1926 – Archives Départ. Somme

Difficile de l’imaginer alors, sortant sans son stylo-plume.

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