Le 5 juillet 1842, Pierre Nicolas ANSEL, adjoint au maire de Naours, rédige son testament. Il ne peut laisser le Code Civil le faire pour lui, puisqu’il n’a pas de descendance, et que ses parents sont morts depuis longtemps….
Le destin de la fratrie ANSEL
Il prend alors sa plume, et réfléchit au partage de ses terres. En l’absence de descendant et d’ascendant, ce sont ses collatéraux qui devraient hériter. Mais de sa fratrie de huit, aujourd’hui il ne reste que lui.
Il n’a pas connu sa première sœur, Marie Catherine, décédée à 3 jours. Mais se souvient très bien de Marie Anne, qui a épousé Firmin TITREN un cultivateur du coin. Ils ont rejoint leurs ancêtres depuis près de 20 ans maintenant…. Jean Baptiste, lui, n’a pas vu son premier anniversaire. Augustin, c’est différent. Il est parti vivre la grande vie à Paris. Bien lui en fasse. Lui aussi est mort il y a 20 ans. Bien que marié, Pierre Nicolas ne sait pas s’il a des enfants. Et puis, après tout, s’il ne les connaît pas, il n’a pas à leur transmettre quelque chose… n’est-ce pas ? Marie Françoise, n’a vécu que deux ans. Jean Baptiste, né en 1768, est le mouton noir de la famille. Il a tout simplement disparu. Il est parti un matin, et n’a plus jamais reparu. Ah ! et le petit Alexandre, dernier né. Même pas deux ans.
Un héritage sans descendance directe
Le choix sera rapide pour Pierre Nicolas. Il ne reste lui que ses nièces, les filles de Marie Anne et Firmin TITREN.
Il fait de Marie Catherine son exécuteur testamentaire. Après tout, elle vit avec lui, et s’occupe de lui. C’est logique qu’elle gère ses affaires après son trépas.
D’ailleurs c’est elle qui héritera des 63 ares qui composent sa maison, dépendances, cour et jardin, prés et cultures situé Raque des Mazures à Naours, ainsi que du mobilier et des créances. Et aussi 21 ares de la parcelle de culture à Marais, qu’elle partagera avec sa sœur Ambroisine.

Marie Catherine devra également remettre aux héritiers : les habits et linges de corps à son usage personnel, 4 paires de draps de lit, 2 fusils et 4 pistolets. Elle devra transmettre à Olivier PAYEN un fusil à piston, à condition de diminuer la valeur de sa quotité de 40 francs.
Ambroisine, en plus des 10 ares de culture à Marais, recevra un terrain de jardinage de 7 ares, situé à Marais, accolé à un terrain qui lui appartient déjà.
Adélaïde, elle, recevra le verger de Naours la Neuve, d’une surface de 7 ares.
Marie Rose recevra 10 ares de pré à herbe, au pied de la montagne de Talmas.
Quatre pages plus loin.
Pierre Nicolas prend une pause. Sa main le fait souffrir. Il lui reste encore des biens, des terres à Naours (80) à partager, mais d’une valeur moindre.
Alors il décide de les diviser en cinq parts, à partager entre Marie Rose, Adélaïde, Sophie, Ambroisine et Adèle THOREL.
D’ailleurs, pour cette dernière part, il faut la diviser par moitié : une première moitié pour Adèle, et la seconde pour les enfants de son frère Edouard THOREL. La jouissance de cette part sera en nue-propriété, l’usufruit étant transmise à Marie Thérèse, leur mère. La propriété ne sera pleine et entière qu’au décès de cette dernière.

Le partage est enfin fait. Pierre Nicolas inscrit la date et signe. Il ira déposer son testament chez le notaire Venceslas CHELLE demain.
La nuit portant sans doute conseil, il rajoute une clause le lendemain : Marie Catherine aura droit, en plus de ses terres, à 1/6e des récoltes, a veti et moissons de toutes les cultures inscrites dans la succession. Elle devra cependant s’occuper seule des récoltes des terres qui lui sont léguées.
Pierre Nicolas décède le 18 avril 1843 à Naours.
Représentation graphique du testament.



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