Il n’est un secret pour personne que le territoire de la Somme, mon territoire, fut durement touché par les combats de 1914-1918. Des paysages irrémédiablement changés, des villages anéantis puis reconstruits, et l’apparence de certains édifices qui a disparu des mémoires. Il ne reste alors que quelques photographies ou cartes postales pour se souvenir. Mais que faire quand ces dernières n’existent pas ou plus ? Il faut se plonger dans les archives de reconstruction, qui parfois comporte des photographies des dégâts, ou un descriptif des édifices détruits.
Laviéville sous les décombres, la fin de l’ancienne église.
Intéressons-nous à l’église Notre Dame de l’Assomption de Laviéville, dont la présence est avérée sur le même terrain depuis plusieurs siècles.


Alors que le village était utilisé en tant que base-arrière anglaise du front, l’accélération du conflit fin mars 1918 pousse les habitants à l’exode. L’église, jusqu’alors transformée en abri en cas d’attaque au gaz, est soufflée par les bombardements, tout comme l’école et la mairie, mais aussi une grande partie du village.
Les archives de la reconstruction
Vient ensuite le temps de la reconstruction. Comme de nombreuses communes, Laviéville se dote d’une Société de Reconstruction en date du 13 septembre 1919. Elle émet en mars 1921 un dossier très complet afin d’obtenir les subventions pour reconstruire mairie, école et église.


Le projet architectural de Louis LACHATRE
Puis, en 1924, une lettre de l’architecte en charge de la reconstruction, Louis LACHATRE, nous décrit brièvement l’église : « l’ancienne église était construite en pierre de taille (Tuffeau) sauf les contreforts en briques de la façade ajoutés après coup pour défaut de fondation […] j’ai prévu la reconstruction en briques et en conservant à l’édifice son caractère de grande simplicité ».
Il y précise que la mairie et l’école seront reconstruits dans le même caractère, bien que la décoration d’origine fût un peu plus recherchée (briques repressées, décoration par bandeaux saillies, briques blanches, pierre de taille…)

Le 12 mai 1926, la commission départementale des Dommages de Guerre valide les dossiers de reconstruction et subventionne les travaux à hauteur de 178 500 francs pour l’immeuble et 15 900 francs pour le mobilier.
Du provisoire au définitif : la renaissance du village
Pendant que les briques rouges s’élèvent, la vie spirituelle ne s’arrête pas. À Laviéville, comme à Aveluy, les fidèles se rassemblent dans des églises provisoires, souvent des baraquements de fortune situés à proximité des logements provisoires des habitants.

Fait notable pour l’histoire du bâtiment : la reconstruction a intégré des matériaux de réemploi. Près de 18 000 briques, une poutre en chêne et des moellons en grès de l’ancienne église ont été sauvés des gravats pour servir de fondations à la nouvelle.
La Société coopérative de reconstruction est finalement dissoute le 1er septembre 1931, actant la fin officielle des travaux.


Vous avez un ancêtre qui a dû fuir les combats, laissant derrière lui ses biens ? Il est sans doute possible de retrouver un dossier le concernant ! Contactez-moi pour plus d’informations !


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